Financement bancaire des entreprises en France - 2025

Analyse des encours de crédits bancaires : 1 400 Mds€, taux PME à 3,51%, accès au crédit. Positionnement européen et perspectives 2026. !Illustration - Financement bancaire des entreprises


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UN POINT SUR LES CHIFFRES

Financement bancaire

des entreprises en France

2025 : Encours, taux, accès au crédit et trajectoires sectorielles

Analyse des encours, des taux d'intérêt, de l'accès au crédit par taille et par secteur, du bilan PGE, du positionnement européen et des perspectives 2026. Lecture juridique des tensions de financement et des outils de restructuration préventive.

Sources : Banque de France · Fédération Bancaire Française · BCE · Bpifrance · CrediPro

Données arrêtées au 31 décembre 2025 · Publication : Mars 2026

## - CHIFFRES CLÉS 2025 - BANQUE DE FRANCE
1 400 Mds€ Encours total crédits bancaires entreprises (SNF) - en hausse continue sur l'année
+3,1 % Croissance annuelle du financement total 2025 - après +1,6 % en 2024 - accélération nette
+4,2 % Crédits d'investissement - immobilier +4,8 % · équipement +3,8 % · stable sur l'année
-4,5 % Crédits de trésorerie - contraction continue - désendettement post-PGE
3,51 % Taux moyen nouveaux crédits PME (déc. 2025) - vs 4,18 % déc. 2024 - baisse de 67 points de base
96 % Taux d'obtention crédit investissement PME - vs 66 % en zone euro - avantage compétitif structurel
- I - VOLUME ET STRUCTURE DES ENCOURS

I. Volume et structure des encours - Photographie à fin 2025

1 400 milliards d'euros de crédits bancaires aux sociétés non financières françaises - +3,1 % sur l'année.

En décembre 2025, l'encours total des financements accordés aux sociétés non financières (SNF) françaises atteint 2 156 milliards d'euros, dont 1 400 milliards au titre du crédit bancaire (65 %) et 756 milliards de financement de marché (35 %). Le crédit bancaire demeure le pilier dominant de l'économie française, dans une proportion structurellement plus élevée qu'en Allemagne ou aux Pays-Bas.

Tableau - Encours et croissance par nature de crédit (Banque de France, déc. 2025)

Nature du crédit Encours (Mds€) Croissance 2025 Observation

Crédits d'investissement 1 013 +4,2 % Principal moteur de la croissance. Immobilier professionnel +4,8 %, équipement +3,8 %.

dont Immobilier professionnel ~380 +4,8 % Rebond tiré par la logistique, les bureaux prime et les VEFA professionnelles.

dont Équipement ~633 +3,8 % Investissements productifs - transition énergétique et numérique en soutien.

Crédits de trésorerie 288 -4,5 % Désendettement post-PGE. Recours accru à l'autofinancement. Déclin structurel.

Autres crédits 99 +4,1 % Crédits-baux, factoring, lignes structurées.

TOTAL ENCOURS CRÉDITS BANCAIRES SNF 1 400 Mds€ +3,1 % Supérieur à la moyenne zone euro (+2,1 %)

Répartition crédit / marché (proportion)

Crédit bancaire (65 %) : █████████████░░░░░░░ 1 400 Mds€

Financement de marché (35 %) : ███████░░░░░░░░░░░░░ 756 Mds€

## - II - TRAJECTOIRE DES TAUX DIRECTEURS ET BANCAIRES

II. La trajectoire des taux - Du plancher négatif au plateau de normalisation

Un choc historique en 2022-2023, suivi d'un assouplissement progressif depuis juin 2024.

Les taux d'intérêt bancaires applicables aux entreprises ont connu en 2022-2023 la remontée la plus brutale depuis les années 1990. La BCE a procédé à 10 hausses consécutives de ses taux directeurs entre juillet 2022 et septembre 2023, portant le taux de la facilité de dépôt de -0,5 % à 4,0 %, et le taux de refinancement à 4,5 %. Le taux moyen des nouveaux crédits aux PME a culminé à 4,80 % fin 2023 - soit un triplement en moins de deux ans depuis les niveaux de 2021 (~1,5 %).

Depuis juin 2024, la BCE a amorcé un cycle de détente monétaire. À fin 2025, le taux de dépôt est ramené autour de 2,0 %, porté le taux moyen des crédits PME à 3,51 % en décembre 2025 - soit un recul de 67 points de base en un an.

Chronologie BCE - Taux de la facilité de dépôt

2019 Juillet 2022 Sept. 2023 Juin 2024 Jan. 2025 Déc. 2025

-0,5 % 0 % 4,0 % 3,75 % 3,0 % ~1,9 %

Taux négatif - liquidités abondantes 1er relèvement : fin des taux négatifs PIC - 10 hausses consécutives Pivot monétaire - 1ère baisse Assouplissement en cours Normalisation partielle

Taux moyen nouveaux crédits bancaires par taille d'entreprise - Décembre 2025

Catégorie Taux déc. 2025 Variation / déc. 2024 Comparaison zone euro

PME & taille non déterminée 3,51 % -67 pb 3,38 % vs 3,64 % zone euro - avantage France

ETI (intermédiaires) 3,70 % -55 pb Taux plus élevé que les GE - prime de risque ETI

Grandes entreprises 3,32 % -86 pb Accès direct aux marchés - financement hybride

Zone euro - PME (référence)

4,31 %

Écart France : -80 pb - avantage compétitif structurel

## - III - ACCÈS AU CRÉDIT - TAUX D'OBTENTION

III. Accès au crédit - La France, championne européenne d'attribution

Près de 96 % des PME françaises obtiennent leur crédit d'investissement (intégralité ou plus des trois quarts du montant) - contre 66 % en zone euro.

La France se distingue durablement en zone euro par ses conditions d'accès au crédit : taux d'obtention plus élevé, taux d'intérêt inférieurs à la moyenne, et réseau de garantie public (Bpifrance) dense. Cette position est le reflet du modèle de banque universelle français, des garanties Bpifrance et du maillage territorial bancaire.

Taux d'obtention du crédit - T4 2025 (Banque de France)

Catégorie Obtenu (%) Partiel (%) Refusé (%) Note d'analyse

PME - crédit d'investissement 96 % 3 % 1 % Niveau stable - très favorable. Légère sélectivité accrue vs 2023 (97 %).

PME - crédit de trésorerie 84 % 9 % 7 % Légère hausse des refus. Les banques restent prudentes post-PGE sur les lignes court terme.

TPE - crédit d'investissement 82 % 10 % 8 % Taux plus faible. Seulement 6 % des TPE sollicitent un crédit - autocensure forte.

Zone euro - PME investissement 66 % 18 % 16 % Référence. Écart de +30 pts avec la France - avantage compétitif structurel.

✓ Avantage européen de la France : 1,3 million de TPE-PME accèdent au financement bancaire en France, représentant environ 50 % des encours totaux. Seules la France et l'Allemagne affichent un taux d'obtention des crédits d'investissement supérieur à 90 % pour les PME.
- IV - DISPARITÉS SECTORIELLES DES ENCOURS

IV. Disparités sectorielles - Des dynamiques radicalement opposées

Services et immobilier en forte croissance · Commerce et construction en contraction marquée.

Croissance annuelle des encours par secteur - 2025 (Banque de France, décembre 2025)

Secteur d'activité Encours (Mds€ est.) Croissance 2025 Représentation

💼 Conseil & services 210 Mds€ +5,1 % ▶ 5.1 % ██████████

🏢 Immobilier professionnel 320 Mds€ +4,8 % ▶ 4.8 % ██████████

🚚 Transport & entreposage 95 Mds€ +3,2 % ▶ 3.2 % ██████

🌾 Agriculture 45 Mds€ +2,3 % ▶ 2.3 % █████

🏭 Industrie 180 Mds€ +0,3 % ▶ 0.3 % █

💻 Info & communication 55 Mds€ -2,5 % ◀ 2.5 % █████

🏗️ Construction 88 Mds€ -3,3 % ◀ 3.3 % ███████

🛒 Commerce & réparation auto 175 Mds€ -3,4 % ◀ 3.4 % ███████

Commentaires sectoriels

▌ Conseil & services aux entreprises (+5,1 %)

Après une croissance de +10,1 % en 2024, le dynamisme demeure supérieur à la moyenne. Les besoins de financement liés à la transformation numérique, à l'externalisation des fonctions support et à la croissance externe des cabinets de conseil soutiennent la demande.

▌ Immobilier professionnel (+4,8 %)

Rebond notable après +2,9 % en 2024. La logistique, les bureaux premium et les actifs industriels légers captent l'essentiel des flux. La baisse des taux redonne du sens aux projets d'acquisition de murs commerciaux et d'investissements en VEFA professionnelle.

▌ Construction (-3,3 %)

Deuxième année consécutive de contraction. Malgré les signaux de reprise du gros-œuvre au T4 2025, les artisans et les promoteurs réduisent leur endettement bancaire. Les établissements prêteurs maintiennent une sélectivité élevée sur ce secteur sinistré.

▌ Commerce & réparation automobile (-3,4 %)

Contraction la plus marquée de l'année. Les tensions sur les marges (prix des matières premières, coûts logistiques) et la hausse des impayés freinent les nouveaux investissements. Le commerce de gros est le sous-secteur le plus affecté, en lien direct avec la baisse de la demande industrielle.
## - V - ANALYSE PAR TAILLE D'ENTREPRISE

V. Analyse par taille - Des trajectoires radicalement divergentes

Grandes entreprises +5,5 % · PME +1,2 % · ETI stagnantes +0,4 %.

Tableau - Encours, croissance et taux par taille (décembre 2025)

Taille Encours (Mds€) Croissance 2025 Taux déc. 25 Analyse

TPE / PME (& taille non déterm.) ~700 +1,2 % 3,51 % Stable. Investissement soutenu, trésorerie en baisse. Fonds propres solides.

ETI (intermédiaires) ~420 +0,4 % 3,70 % Attentisme stratégique. Désendettement et report des capex non urgents.

Grandes entreprises ~280 +5,5 % 3,32 % Dynamisme tiré par les émissions obligataires et la restructuration de dette.

## - VI - BILAN DU PRÊT GARANTI PAR L'ÉTAT (PGE)

VI. Le legs du PGE - Bilan et résidu d'une dette historique

144,5 milliards accordés · 83,6 % remboursés · 4,8 milliards d'appels en garantie cumulés (coût net estimé pour l'État : 3,8 milliards).

Le Prêt Garanti par l'État (PGE) a constitué le principal outil d'urgence du « quoi qu'il en coûte » : 686 000 entreprises en ont bénéficié pour un total de 144,5 milliards d'euros, accordés principalement au T2 2020 et à 80 % en faveur des TPE-PME. Son remboursement progressif depuis 2022 est l'un des facteurs explicatifs de la contraction des crédits de trésorerie.

Tableau de bord PGE - État des lieux au 31 août 2025

Indicateur Valeur Analyse

PGE accordé - total 144,5 Mds€ 686 000 entreprises bénéficiaires, dont 80 % de TPE-PME.

Taux de remboursement 83,6 % Soit plus de 121 milliards d'euros remboursés. Signe de résilience du tissu entrepreneurial.

Encours résiduel estimé ~21 Mds€ Concentré sur les secteurs les plus fragiles (construction, restauration, commerce).

Appels en garantie État 4,8 Mds€ cumulés (coût net estimé 3,8 Mds€) Appels cumulés (fin 2024) au titre des entreprises défaillantes ; coût net estimé pour l'État après recouvrements. En deçà des scénarios initiaux.

Médiation du crédit - S2 2024 621 dossiers Dont plus d'un tiers liés à des restructurations de PGE. Dispositif sous-utilisé.

Dirigeants TPE-PME jugeant difficile le remboursement 4 % Chiffre encourageant. 56 % ont toutefois consommé la quasi-totalité du montant accordé.

Répartition PGE (proportion) :

Remboursé (83,6 %) : █████████████████░░░ 83,6 %

Résiduel (12,2 %) : ██░░░░░░░░░░░░░░░░░░ 12,2 %

Appels garantie (4,2 %) : █░░░░░░░░░░░░░░░░░░░ 4,2 %

## - VII - POSITIONNEMENT EUROPÉEN

VII. Positionnement européen - La France, place forte du crédit

Tableau comparatif - Taux et accès au crédit PME dans la zone euro (décembre 2025)

Pays Taux moyen PME % obtention invest. Position relative

🇫🇷 France 3,51 % 96 % 🏆 Meilleur de la zone - taux favorable + accès aisé

🇩🇪 Allemagne 3,80 % 92 % Proche de la France - modèle Mittelstand solide

🇪🇸 Espagne 4,20 % 71 % Taux plus élevés - sélectivité bancaire accrue

🇮🇹 Italie 4,60 % 58 % Conditions les plus restrictives - risque pays bancaire

🌐 Zone euro 4,31 % 66 % Référence - La France dépasse de 30 pts en accès

## - VIII - SANTÉ FINANCIÈRE DES ENTREPRISES

VIII. Santé financière - Fondamentaux solides malgré les tensions

Tableau - Indicateurs de solidité financière par taille (2024-2025)

Catégorie Taux de marge 2024 Fonds propres vs 2019 Trésorerie vs 2019 Observation

Microentreprises (TPE) 32 % +7 % +31 % (médiane PME) Bilans renforcés mais heterogeneité extrême.

PME (10 à 250 salariés) 24 % +5 % Réallocation vers dépôts à terme Solidité accrue. Autofinancement croissant.

ETI (250 à 5 000 salariés) 27 % +4 % Dépôts à terme en hausse Prudence stratégique - attentisme investissement.

Le paradoxe structurel de 2025 : les entreprises françaises présentent des bilans globalement plus solides qu'avant 2020 - renforcement des fonds propres, trésorerie en hausse, endettement net en recul. Pourtant, le flux de défaillances atteint un record historique. Ce paradoxe s'explique par l'hétérogénéité extrême du tissu entrepreneurial : les grandes structures se sont renforcées, tandis que les microentreprises sous-capitalisées - concentrant 75 % des défaillances - n'ont ni accès au crédit ni marge de manœuvre structurelle.

En juillet 2025, 31,3 milliards d'euros de crédits ont été octroyés aux entreprises sur un seul mois, soit l'équivalent de 43 millions d'euros par heure (FBF). Sur l'ensemble de 2024, la production nette de crédits s'est élevée à 324 milliards d'euros - confirmant la vigueur structurelle du financement malgré la remontée des taux.

- IX - LE NOUVEAU CADRE RÉGLEMENTAIRE : BÂLE 3

IX. Bâle 3 - Le nouveau cadre réglementaire et ses implications

Transposition finale depuis le 1er janvier 2025 - Renforcement des exigences en capital et liquidité.

L'accord de Bâle 3 finalisé, transposé en droit européen par la directive CRR3/CRD6, est entré pleinement en vigueur le 1er janvier 2025. Il impose aux établissements de crédit des exigences accrues en fonds propres (CET1), en liquidité (LCR/NSFR) et en matière de levier. Les nouvelles pondérations de risque modifient le coût en capital des prêts aux PME et ETI, en particulier pour les crédits non garantis ou accordés à des emprunteurs sans notation externe.

Les grandes banques françaises (BNP Paribas, Société Générale, BPCE, Crédit Agricole) affichent des ratios CET1 supérieurs à 14 % et absorbent l'impact Bâle 3 sans resserrement marqué de l'offre. Les établissements dédié et banques régionales, plus sensibles aux contraintes de levier, sont davantage susceptibles de restreindre leur offre aux segments les plus risqués.

La Commission européenne a maintenu un mécanisme de soutien spécifique (SME supporting factor) permettant d'atténuer l'impact réglementaire sur les crédits aux petites entreprises. Le calendrier de mise en œuvre est progressif jusqu'en 2030 - une fenêtre de transition qui préserve la capacité de financement à court terme.

## - X - ANATOMIE DES TENSIONS DE FINANCEMENT

X. Anatomie des tensions - Pourquoi certaines entreprises n'accèdent pas au crédit

01. L'autocensure des TPE

Seules 6 % des TPE ont sollicité un crédit d'investissement au T1 2024 (FBF). Ce taux d'auto-exclusion, structurellement élevé, révèle une méfiance persistante des dirigeants envers les démarches bancaires, nourrie par la lourdeur administrative, les délais de réponse (29,1 % des dirigeants citent des délais trop longs) et la crainte du refus.

02. Les critères d'éligibilité renforcés post-Bâle 3

La documentation requise (comptes certifiés, business plan, garanties réelles) exclut de facto les micro-entrepreneurs et les entreprises en phase d'amorçage. 44,2 % des TPE refusées estiment ne pas avoir reçu d'explication suffisante du refus - en contradiction avec les engagements FBF de 2014 (réponse sous 15 jours, justification du refus).

03. La contraction des crédits de trésorerie

La baisse des crédits de trésorerie (-4,5 % en 2025) traduit deux phénomènes : le remboursement des lignes PGE et un recours accru à l'autofinancement par les entreprises qui ont reconstitué leur trésorerie. Pour les entreprises en tension de flux, l'accès aux découverts et aux lignes RCF (Revolving Credit Facility) se resserre progressivement.

04. Le risque sectoriel bancaire

Les secteurs en défaillance massive (construction, restauration, commerce) font l'objet d'une surveillance accrue. Les nouvelles demandes dans ces secteurs sont soumises à des critères d'octroi plus stricts - apport, garantie, durée de rentabilité - amplifiant mécaniquement l'exclusion financière des entreprises déjà fragilisées.

05. Les retards de paiement - l'effet de levier négatif

Le retard moyen interentreprises de 14,2 jours en 2025 (record depuis 2009) crée un besoin structurel de financement de BFR que les banques couvrent de moins en moins spontanément. L'affacturage et la cession Dailly progressent en substitution - mais à un coût plus élevé et avec des délais de mise en place plus contraignants.
## - XI - PERSPECTIVES 2026

XI. Perspectives 2026 - Un environnement plus favorable, des risques persistants

Signaux favorables

Risques et points de vigilance

Prévision FBF - Encours crédits SNF 2026 : ~1 440 Mds€ (croissance estimée +3 %)
- SYNTHÈSE - LECTURE JURIDIQUE ET STRATÉGIQUE

Synthèse et lecture juridique

L'année 2025 dessine un paradoxe du financement bancaire français : des indicateurs agrégés solides - 1 400 milliards d'euros d'encours, +3,1 % de croissance, taux en baisse de 67 points de base sur l'année - coexistant avec des fractures sectorielles et structurelles profondes. La France conserve son avantage européen en matière d'accès au crédit et de coût de financement, mais ce bilan flatte une réalité duale : les grandes entreprises et les PME structurées tirent profit de l'assouplissement monétaire, tandis que les microentreprises et les secteurs en crise restent dans l'angle mort des banques.

Sur le plan juridique, la convergence entre défaillances record (69 957 en 2025) et tensions de financement de trésorerie ouvre un espace croissant pour les procédures préventives. Le mandat ad hoc et la conciliation permettent à l'entreprise d'engager une restructuration avant la cessation de paiements, souvent en lien direct avec l'établissement bancaire. Le recours précoce à ces outils, dans un contexte où la médiation du crédit demeure sous-utilisée (621 dossiers au S2 2024), constitue la réponse la plus efficace à l'étranglement financier progressif.

La contraction des crédits de trésorerie (-4,5 %) ne doit pas masquer l'essentiel : les entreprises qui ont investi dans leurs fonds propres et diversifié leurs sources de financement entre 2020 et 2023 disposent d'une assise suffisante pour traverser la période. Celles qui n'y ont pas procédé - et qui représentent l'essentiel des défaillances - sont désormais dans une situation de dépendance critique à des établissements de crédit eux-mêmes soumis aux nouvelles exigences de Bâle 3.

Sources mobilisées

Contentieux commercial · Procédures collectives · Droit immobilier

Paris 17e · Publication mars 2026

Mots-clés : financement bancaire, crédit entreprises, taux intérêt, PME, BCE, Bpifrance

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